Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 22:38

Retraite à 62 ans - Martin Vidberg

 

Dans ma très grande originalité, j'ai décidé pour mon premier article, de vous parler de (roulements de tambour)... la réforme des retraites. Sujet on-ne-peut-plus d'actualité en effet, puisque le projet de réforme des retraites a été adopté par les députés mercredi 15 septembre 2010 en première lecture, après plus de vingt heures de débat plutôt... mouvementées. Le projet de loi sera ensuite débattu au Sénat le 23 septembre (c'est-à-dire demain), jour choisi par les syndicats pour une nouvelle journée de grève, après le succès de la première, le 7 septembre dernier, qui a rassemblé dans les rues plus de deux millions de grévistes.

 

 

 

Petit rappel pour ceux d'entre vous qui n'aurait pas suivi, le projet de réforme des retraites consiste en 6 points selon la synthèse de la réforme des retraites faite par le gouvernement :

 

- augmenter la durée d'activité, en répartissant équitablement l'effort entre les salariés

Le principal point en est, et vous l'aurez certainement compris (depuis le temps qu'on vous rabâche les oreilles avec ça), le recul de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans d'ici à 2018 (au rythme de 4 mois par an pour les générations nées après 1951). Mais aussi, l'augmentation de la durée de cotisation en fonction de l'espérance de vie jusqu'en 2020, soit un passage à 41 ans et 1 trimestre pour les générations 1953 et 1954 ; puis la durée de cotisation devrait passer à 41,5 ans en 2020 "compte-tenu des estimations actuelles de l'INSEE". La loi prévoit aussi des aménagements pour les salariés ayant commencé avant 18 ans et une prise en compte de la "pénibilité".

 

- développer l'emploi des seniors

Ce point comprend une aide à l'embauche pendant un an pour le recrutement de seniors demandeurs d'emploi de plus de 65 ans, et le renforcement du tutorat entre seniors et jeunes pour faciliter la transmission de savoir avant le départ à la retraite.

 

- renforcer l'équité du système par des mesures de recettes ciblées et une plus grande convergence entre le public et le privé

Il comprend tout un tas de changements sur les prélèvements que je ne détaillerais pas ici (ouaip, trop long).

 

- améliorer nos mécanismes de solidarité

En améliorant la couverture des chômeurs non indemnisés, les retraites des femmes et les retraites agricoles.

 

- renforcer la compréhension par les français des règles de la retraite

Notamment en créant un document d'information sur le système de retraite à tous les nouveaux assurés, et en mettant en place un "point d'étape individuel retraites" à 45 ans et un relevé de carrière en ligne couvrant les régimes de retraite.

 

- atteindre l'équilibre dès 2018

Je ne pense pas avoir besoin d'expliciter ce point.

 

Trouver un boulot à 50 ans - Martin Vidberg


Comme on l'entend partout, le système DOIT changer. En effet, l'équilibre financier de notre régime de retraite est menacé. En 2010, le déficit de celui-ci sera de 32 milliards d'euros. Ceci s'explique notamment par le fait que le nombre des retraités augmente plus vite que celui des actifs.

OK, il doit changer. Mais changer le système des retraites aura-t-il un quelconque effet sur ce ratio? N'y a-t-il pas d'autres pistes plus urgentes à explorer?

 

En effet, on peut très facilement émettre des objections contre cette réforme, qui (en tout cas à mon avis) est inefficace dans l'absolu.

Premièrement, l'espérance de vie à augmenter, d'accord ( en France, elle est de 75 ans pour les hommes et de 80 ans pour femmes) ; MAIS l'espérance de vie en bonne santé est faible : en France, en 2007, elle était de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour femmes (selon un sondage de l'INSEE).

Une personne qui partira en retraite à 62 ans ne pourra donc réellement en profiter qu'une ou deux années. Dérisoire !

Deuxièmement, le taux de chômage des 50 ans ou plus en 2009 selon l'Observatoire des inégalités est de 6%. Un nombre non négligeable !

Troisièmement, la mauvaise image des travailleurs "âgés". En effet, dans le monde du travail, on est âgé dès 45 ans, voire même avant cela. Aujourd'hui, un chômeur de 25 ans reste inscrit au Pôle Emploi en moyenne 119 jours ; alors qu'un chômeur de plus de 50 ans y reste en moyenne 311 jours. De plus, 36% des plus de 50 ans quittent les listes de Pôle Emploi car ils ont trouvé un travail, contre 47% des moins de 25 ans.

Le travailleur âgé souffre de son image. Une image négative. Les entreprises ne sont généralement pas conscientes du positif que peut apporter un salarié âgé : de l'expérience, de l'efficacité, etc.

 

La priorité ne serait donc pas plutôt de commencer par réformer le travail, et non les retraites? Ne serait-il pas plus efficace d'augmenter le nombre d'actifs plutôt que de vouloir à tout prix baisser le nombre de retraités?

 

 

Et quand est-il des pays voisins?

Les politiciens français arguent que nous sommes le seul pays en Europe à avoir l'âge légal de la retraite à 60 ans. C'est vrai (en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni par exemple, il est de 65 ans).

Or, dans la plupart des autres pays européens, les mêmes "symptômes" se vérifient : le taux de chômage des 50 ans et plus est important.

Mais il existe des pays qui font exception en Europe : la Finlande et la Suède par exemple.

La Suède a récemment réformé son système de retraite. En plus d'un recul de l'âge légal, la nouvelle réforme prévoit : une formation des entrepreneurs et des DRH pour les sensibiliser à ce que peut leur apporter un salarié "âgé", une adaptation aux capacités du salarié (une visite médicale par an, et une possibilité de changer de service très facilement), une formation gratuite pour les salariés "âgé", etc. Une réforme efficace, qui a montré de très bons résultats. En 2008, le taux d'activité des personnes ayant dépassé la cinquantaine dépasse les 70%.

En Finlande, ce même taux est passé de 39,6% à 49% en l'espace de 7 ans (de 2001 à 2008).

 

Pour moi, cette réforme française est inefficace. Elle ne fait que survoler les problèmes qui se posent aujourd'hui.

Elle devrait (au moins) s'accompagner de mesures en faveur de l'emploi des salariés "âgés". Le plus important étant de faire admettre à la société, et surtout aux entrepreneurs que les seniors peuvent contribuer au développement de leur entreprise et de l'économie. Cette réforme ne met absolument pas ça en avant.

 

 

 

 

 

 

Voilà, c'était mon premier article sur ce blog. Je le sais pas très bien organisé, peut être même vide de sens et ne proposant réellement aucune alternative. La liste d'objections faite ici n'est pas exhaustive (je ne parle pas par exemple de ceux qui ne veulent pas partir en retraite, ceux qui vivent la retraite comme leur propre mort, sociale du moins). C'est à vous d'objecter, de vous insurger, de vous rebeller, de crier à l'insanité, etc.

 

En attendant, demain, je manifeste ! Et vous?

 

 

 

Les illustrations sont tirées du merveilleux blog intitulé "L'actu en patates", du talentueux Martin Vidberg.

Par debat-monde
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 23:42

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Notre système binaire Gauche/droite reste le système de référence en matière de politique aujourd’hui. Et pourtant ce système date d’il y a bien longtemps, lorsque notre pays était en proie à une véritable révolution et qu’au coeur de l’assemblée, les parlementaires durent se prononcer pour ou contre la mort du roi en se plaçant ainsi à gauche ...ou à droite du président. 

 

Il se trouve donc que ce système n’est toujours pas mort et je dirais même qu’il se porte très bien depuis la crise de 2008 qui remit en cause le libéralisme cher aux Hommes de droite,ce qui aurait du donner plus de crédit à la gauche.  En effet n’est ce pas plutôt la droite qui se porte très bien de nos jours? Et pourtant, n’apparait-elle pas discréditée sur bien des points dans la presse et de plus en plus?

Banditisme financier, scandales politico-industriels, non respect des droits de l’Homme...notamment de la liberté d’expression (Faire appel aux RG pour faire taire une source du Monde, c’est pour le moins...honteux).

...

Ma foi arrêtons de faire les victimes, la droite applique son programme en suivant ses convictions, avec quelques bévues certes mais la gauche n’a pas fait mieux niveau scandale et économie avec un certain président élu en 1981 (Mitterant, oui!) et puis la France a voté à droite, la France fait confiance à la droite!

 

Mais alors que fait la gauche? Renait-elle grâce aux scandales de la droite ou meurt-elle face à ce poids lourd qui cultive l’acculturation? A t-elle renouvelé son discours, s’est-elle adapté au nouveau siècle ou s’est elle endormie sur son passé et son héritage ? 

 

La gauche aujourd’hui est une force d’opposition, une même voix plus ou moins radicale, qui affirme son désaccord. Mais la gauche n’a t-elle vocation qu’à être un contre-pouvoir? Ou sa vocation est -elle de gouverner pour mettre en place un système en quel elle croit? 

 

Ni l’un ni l’autre. 

 

Le contre-pouvoir n’est pas assuré car la gauche n’utilise pas les bons moyens pour acquérir l’autorité suffisante. En effet, elle a entièrement institutionnalisé la grève. Les manifestations font parti de l’agenda politique et médiatique et c’est en ça qu’elles n’ont plus aucune efficacité. Certes la gauche a fait reculer quelques réformes, en 1995 par exemple lorsque Juppé était au pouvoir, 2006 pour le CPE...

Mais y a t-il une réelle dynamique de fond derrière toutes ces manifestations? Non.

Les slogans scandés me choquent réellement, j’y vois une stigmatisation de Sarkozy ,  un lynchage humain, une culpabilisation infantilisante et bien que je n’ai aucune sympathie pour cet homme, je trouve que ce n’est pas la solution. Il est extrêmement décrédibilisant de baser sa contestation sur quelqu’un et non sur un débat approfondi et argumenté.  «c’est pas moi, j’ai rien fait, c’est la faute à ...» est un discours d’un gamin de 7 ans.

 

Quant à la vocation à gouverner de la gauche, elle est intéressée. Elle n’a aucun projet politique défini correctement. Elle a des valeurs profondes, la solidarité, la redistribution, l’égalité, la liberté, mais aucune réflexion autour des systèmes et mécanismes à mettre en oeuvre.  

 

C’est vrai, comme le dit l’italien Raffaele Simone dans «Le monstre doux» (Titre qui vient de l’idée que la droite est un monstre doux car elle impose une forme de tyrannie que les citoyens acceptent), la droite a depuis longtemps compris et aussi influencée l’individualisation, l’espace temps rapide, toujours plus rapide, la peopolitisation, l’amour de ce qui brille et de ce qui fait rêver les gens...La gauche ne fait pas le poids à coté j’en suis persuadée, du moins s'il n'y a pas un énorme travail d'éducation effectué. 

 

J’appelle tout le monde, y compris moi, à avoir du recul sur les choses, à ne pas tomber dans les évidences et les facilités, à s’ouvrir à ses propres contradictions, les accepter, à tenir compte de sa propre responsabilité dans ce qu’il se passe aujourd’hui en France..et quelque part je me fous pas mal de la droite et de la gauche, ce que je souhaite vraiment c’est que nous allions dans le sens du progrès, notamment social et culturel...

 

Par ailleurs je vous conseille de lire "Le monstre doux ou l'Europe vire t-elle à droite?" de Simone ou l'article qui parle des quelques concepts clés de son livre parus dans Le Monde Magazine du week-end du 11 septembre. 

Par debat-monde
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Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 15:41

     D'autres personnes viendront s'exprimer sur ce blog...Je leur laisse le choix de se présenter ou pas. Mon blog est le leur aussi à présent. A très bientôt ! 

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 20:06
Barak-ObamaIl y a des choses qui ne sont pas négociables, d’autres qui prennent du temps. Il y a un juste milieu entre les négociations molles d’un sommet de Copenhague ou d’un G20 et l’instauration d’une sécurité sociale aux Etats Unis.

Ainsi, la logique du court terme finira par avoir raison de nos systèmes démocratiques. 

Ce n’est pas la conséquence d’un acteur en particulier,  mais d’un ensemble puissamment  connecté. Je vais en venir au fait petit à petit...

 

D’une part, qui alimente la logique du «tout, tout de suite»?

Les médias, les citoyens (je préfère dire «les citoyens» que «le peuple»), les hommes politiques, les institutions.

Pour faire du profit, sans lesquels ils disparaissent, les médias entretiennent le besoin de «scoops» et d’évènements. Les faits doivent briller, choquer, être clinquants, les articles doivent parler de ce dont tous les autres parlent, les hommes politiques doivent rendre des compte à des citoyens qui ne demandent que ça par «peur» d’être trahi, abandonnés, oubliés.

Si les hommes politiques doivent rendre des comptes à ces médias c’est pour pouvoir satisfaire la population, et surtout une population en passe d’être un électorat. Il faut donc se justifier de tout, ce qui est normal dans des proportions raisonnables, anormale quand il s’agit de se justifier sur son mariage à Tahiti, la couleur de la robe portée.  

Il faut aussi apparaitre en «héros». Pourquoi? Parce que les «héros» alimentent les scoops, et s’opposent aux «discrets», mous et sans charisme, et donc pas éligibles (cf Jospin).

 Il faut donc jouer de son image dans les médias (ce qui s’appelle la communications et ce à quoi servent les conseillers en communication) et prendre quelques mesures marquantes pour rassurer l’électorat. Je ferai ici directement référence à l’inflation législative actuelle au parlement pour illustrer mon propos. Les députés sont en ce moment débordés par le nombre de lois à préparer pour sauver «la veuve et l’orphelin» - pardonnez moi l’expression.

Et oui! Satisfaire tout le monde, tout de suite n’est pas de tout repos! Le problème c’est qu’on ne satisfait jamais tout le monde. 

 Il y a des sujets pour lesquels l’échéance arrive à sa fin. Pour Copenhague, oui, j’étais pour le«Tout, tout de suite» car on s’inquiétait de l’écologie bien avant 2009 (enfin certains non, mais il a bien fallu devenir pragmatique et se faire élire sur les sujets en vogue, n’est ce pas?...), que c’est urgent et que Copenhague n’était pas le début d’un processus mais aurait du être un processus de fin...

 

Mais de manière générale, je ne suis pas pour le court terme. 

Le court terme c’est une logique commerciale : manger vite, maigrir vite, faire du sport vite, réfléchir vite (parce que pas le temps), travailler vite (parce qu’il faut faire des profits), acheter vite (grandes surface, disparition des petits commerces spécialisés), surfer vite (ADSL), être tout le temps là tout de suite et vite (les téléphone portables), se déplacer vite (frustration des embouteillages, des retards SNCF) s’informer vite (20minutes, Métro)...Ainsi va le monde. La contemplation du philosophe disparait. Le philosophe, au sens de l’antiquité, c’est celui qui a le temps de réfléchir, celui qui n’est ni esclave, ni étranger, ni femme. Il est citoyen et ne travaille pas, donc il a le temps. Et la disparition du dimanche qui se profile... Philosophe, une espèce disparue? 

Il doit en rester une poignée à travers l’Occident, peut être plus en Afrique et en Asie.

 

A la logique du court terme s’oppose celle du long terme. Et je voudrais le rappeler notamment aux Américains et à tout ceux à travers le monde qui sont «déçus» par Barack Obama. Je ne suis pas pro-Obama, ne confondez pas tout . Je suis pro-rien car tout a ses défauts et ses qualités et je ne m’identifie pas corps et âme à un parti, une personnalité, je prends de tout et j’en fait ma «pensance». 

Le «mauvais» bilan d’Obama? Encore un coup du scoop et du clinquant, encore un coup du peuple réclamant son héros. Il n’y a pas de héros, il y a ce que vous êtes tous mais à la tête d’un pays avec un cerveau qui a eu les moyens de s’enrichir et d’avoir fait Harvard. Pensiez vous vraiment qu’il ne décevrait pas? C’était inéluctable. mais il n’est pas seul, il y a un Congrès derrière (=le parlement chez nous) et un Congrès républicain maintenant. Réussir à faire créer un semblant de sécurité sociale ne se fait pas en deux mois. Un homme qui commence aussi haut ne peut qu’échouer, sauf si l’on décide qu’il n’échoue pas mais qu’en fait il fait les choses dans le mesure du possible sans satisfaire tout le monde, de manière approfondie. Continuons à critiquer pour faire avancer nos démocraties mais gardons du recul. Pensons long terme, pensons moins spectaculaire et plus profond. 

Le court terme se couple au «mal fait», on brade des lois, des débats, des discours pour que cela satisfasse tout le monde. 

N’irions nous pas plus loin en acceptant que les choses se fassent moins vite mais mieux?

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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 01:10

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C’est un sujet délicat je l’accorde car notre pays a une tradition laïque, dont je suis fière par ailleurs. C’est une valeur pour le moins incontournable.
Pourquoi? Car elle permet l’égalité des droits et induit la tolérance. La laïcité c’est tolérer toutes les religions mais dans un cadre strictement privé et personnel, pour qu’aucune ne dominent une autre afin que toutes soient tolérées. 

Aujourd’hui en France, doit on interdire le port de la Burka ou de la niqab au nom de la laïcité et des droits de la femme? Pourquoi ce débat apparait il aujourd’hui? En quoi s’inscrit il dans un malaise plus profond des sociétés occidentales envers la religion musulmane? 

 

Le port de la Burka me semble une pratique ancestrale, datant du moyen âge ou d’encore bien avant, où la femme ne disposait pas d’elle même. Ainsi, je suis absolument contre mais je ne suis pas pour son interdiction. Ce type de vêtement ne doit pas apparaître à l’école ou au travail car il pourrait engendrer de l’intolérance envers ceux qui n’en ont pas, jusqu’à forcer à le porter. Mais il peut être toléré dans les lieux publics (métro, rue, commerces) à condition, bien sur, que ce soit un choix de la femme. Ce que nous devons combattre, ce n’est pas le port du niqab, c’est son port forcé.
 



Nous devrions arrêter de parler des musulmans comme si ils étaient une autre communauté, un autre peuple en terre inconnue. Je rappelle que cette religion est la deuxième de France. J’ai cette impression que, faute de compréhension, l’Etat français et ses citoyens mettent à part ces musulmans, pour qui ils veulent prendre des mesures et voter une loi, en considérant que c’est bon pour eux. Encore une fois nous prenons le mauvais chemin. Les musulmans sont des français et il faut réfléchir ensemble.



Peut être pourrait on moins interpréter le Coran au mot prés dans les mosquées par exemple, faire comprendre aux hommes et aux femmes que l’on peut être un bon fidèle tout en évoluant avec les sociétés et les droits mis en place. Pour moi il faut partir dans ce sens, c’est la manière d’aborder la religion, qui se base encore sur des dires ancestraux et d’une autre époque, qu’il faut faire évoluer. Lutter pour que le port de la burka soit un choix et puis que petit à petit les mentalités évoluent vers une vision plus moderne et plus juste de la femme. 

 

Ma propre opinion est que le port de ce vêtement pour les femmes qui le choisissent d’elle même, avec grande conviction, est un retranchement sur soi même, un dévouement total à une doctrine par perte de repères. Cela peut venir d’un profond malaise social,ou du fait que l’on se soit construit dans la peur du regard des autres et surtout des hommes. Mais il n’est pas question de juger car la burka est une réponse pour ses femmes comme le sport, l’armée, les études, la drogue peuvent l’être pour d’autres et interdire de tels éléments ne rimeraient à rien. Je parle ici de la burka, mais j’ai le même avis pour les autres religions (les bonnes soeurs chrétiennes se voilent aussi!). Interdire la Burka ne mènera pas à plus de liberté pour les femmes. Celles qui la porte par choix continuerons à la porter car ce vêtement fait parti de leurs valeurs et de leurs repères, ce serait leurs infliger une violence. Celles qui ne la portaient pas par choix ne seront pas d’avantage protégées car un loi ne fera pas le poids face à tout ce qu’impliquerait son non-port : rejet de la famille ou du mari, perte d’estime d’elle même, voir violence verbale et physique. 

 

Il ne faut pas l’avis d’une poignée de députés, il faut un concertation, de la réflexion entre musulmans et entre musulmans et non musulmans, des associations de lutte et d’écoutes. Si ces députés votent l’interdiction de la burka, il n’y aura aucun changement, juste l’instauration d’un climat social encore plus tendu, une incompréhension totale, et aucune évolutions. Je trouve qu’encore une fois, on peint «le problème» avec de la belle peinture mais on oublie toujours que cela ne résout rien et que la peinture se craquelle toujours ou apparait comme inutile. Des lois, des lois, des lois, des débats, des débats, des débats...on ne prend jamais la racine des choses, le bas de l’iceberg, on ne se préoccupe que du tiers qui sort de l’eau, on l’éradique mais l’on se cogne toujours la tête la première dans ce qu’il y a de plus profond.

Photo de Vincent Capman pour Paris Match, boulevard Haussmann à Paris.
Article sur le site Parismatch.com, taggés dans "peur" et "gens", ce qui annonce directement la trame de l'article. 
Une femme vêtue d'une burqa se balade dans un couloir de centre commercial où circulent de nombreuses autres personnes. La netteté est faite sur elle, les autres sont flous. Cette photo montre bien selon moi, l'isolement dans lequel l'on doit se sentir lorsqu'on porte une Burqa, isolement ou forteresse protectrice qui nous met "à part". La burqa est la première chose que l'on voit sur cette photo, la première chose qui nous choque, nous fait peur, nous rassure, dans tous les cas la première chose qui nous conforte dans l'idée que l'on a déjà de ce vêtement. Cette femme semble transparente, invisible de tous et en même temps remarquablement présente et observée. Les regards des trois personnes semblent converger vers elle mais justement dans un flou discret.
Cette photo dénonce à la fois le débat qui a lieu en ce moment et qui pointe du doigt la burqa et les femmes qui la portent, l'isolement des femmes qui ne la choisissent pas, l'affirmation de celles qui le choisissent et le flou de l'opinion public et des médias à son propos.

 

Par debat-monde
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